CITES : Éléphants, girafes et loutres doivent être protégés !

Du 17 au 28 août 2018, la Convention sur le commerce international des espèces sauvages menacées d’extinction (CITES), se déroulera. Cette Cop18 doit marquer les esprits, avec des décisions importantes à prendre concernant le bien-être de nombreuses espèces, comme celui des éléphants d'Afrique, des girafes, des antilopes saïga ou encore des loutres d'Asie. Changement d'annexe, arrêt d'exportation des espèces vivantes, quota d'individus à abattre pour les chasses aux trophées... Chapter Animals vous explique nos attentes de cette conférence ! 

 

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  CITES - ÉLÉPHANTS D'AFRIQUE, LOUTRES D'ASIE ET GIRAFES :  

Un des combats principaux de cette convention consiste à se battre pour protéger les éléphants d'Afrique. Inscrit à l'annexe I depuis 1989, son commerce - d'individus vivants ou morts - est illégal. Son statut de protection est donc particulier. Pourtant, en 1997, le Botswana, la Namibie et le Zimbabwe obtiennent que leur population d'éléphants soient transférés à l'annexe II, permettant désormais d'obtenir un quota de chasse et la commercialisation d’ivoire. En 2000, l'Afrique du Sud obtient à son tour le transfert de l'éléphant d'annexe I à II. Et si cela n'était pas suffisant, ces quatre pays africains proposent d'alléger encore plus la protection des éléphants afin de pouvoir vendre encore plus d'ivoire. Une honte.  

Une dizaine de pays, dont le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Kenya, le Libéria, le Nigeria, la Syrie, le Soudan et le Togo, proposent de réintégrer la population d'éléphants des quatre pays à l'annexe I afin de protéger, comme il se doit, cette espèce déjà très en danger. Ces mêmes pays proposent, notamment, d'interdire la vente d'éléphanteaux aux zoos. Le prélèvement d'espèce pour la captivité à assez durée puisque, depuis les 20 dernières années, ce sont 200 éléphanteaux qui ont été séparés de leur troupeau pour être vendus aux divers zoos du monde entier. Nous rappelons aussi que les éléphants africains des cirques proviennent de ces mêmes pays, que ce soit Tania, Betty, Rosa, Bambi, Mambo ou encore Betty. Une proposition qui ne devrait pas plaire à l'U.E, aux États-Unis, au Canada ou encore à la Chine - principaux clients.

Sur le continent asiatique, ce sont les loutres cendrées et les loutres d'Asie qui seront au cœur des débats. Les deux espèces, inscrites à l'annexe II devraient pouvoir changer d'annexe et passer sous l'annexe I. Considéré comme un animal mignon et « à la mode », la loutre est vue par beaucoup comme un animal de compagnie. Pourtant, ce n'est pas le cas. Les nombreux cafés et bars à thèmes sur les loutres, mais aussi sur les hérissons, les hiboux, les serpents, les suricates et de nombreuses autres espèces exotiques, permettant aux clients de toucher, de caresser et de jouer avec les individus captifs existant en Indonésie, au Japon et dans certains pays ne font qu'augmenter la demande et les captures illégales afin de les domestiquer. C'est pourquoi, afin de punir comme il se doit le braconnage, il est essentiel que l'annexe des espèces changent. 

Aux États-Unis, c'est le saïga qui vit, peut être ses dernières années si aucune décision n'est prise dans l'immédiat. Son transfert de l'annexe II au premier est essentiel pour la survie de l'espèce. Considérée comme en danger critique d'extinction par l'UICN, le saïga pourrait s'éteindre définitivement à l'état sauvage d'ici quelques années. Le braconnage, sa viande et le commerce des cornes pourrait anéantir l'espèce définitivement. Sa protection se doit d'être changée.

De retour en Afrique, la girafe pourrait se retrouver inscrite sur l'annexe II. Sa population, en 20 ans, a diminué de 40 à 90 % selon les régions. Un déclin rapide, et pourtant silencieux comparé à celui des rhinocéros, des éléphants et des lions. Le braconnage, son utilisation pour la viande, les trophées, les os, des superstitions locales... La girafe ne cesse d'être tuée. Son inscription à l'annexe II permettrait de surveiller les quotas et les importations/exportations vers les autres pays du monde. Cette proposition est d'ailleurs soutenue par les 32 pays d'Afrique membres de la coalition pour éléphants d'Afrique, rappelant que toutes les sous-espèces de girafes sont touchées par le même problème, pour un faible taux de reproduction.

N'oublions pas que les rhinocéros seront eux aussi de la partie, puisque l'Eswatini et la Namibie proposent de faire passer leur population sous des annexes différentes afin de pouvoir mieux gérer la régulation de l'espèce. La Namibie souhaite faire passer la population de son pays de l'annexe l à II, avec des annotations spécifiques servant aux commerces des animaux vivants et de la chasse aux trophées. l'Eswatini propose un commerce de cornes et de peau. Bien évidemment, nous sommes totalement opposés à ce changement de statut pour les rhinocéros blanc du Sud, sérieusement en déclin. 

 

 

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