Rencontre avec la fauverie du Faron

En ce lundi 16 septembre 2019, le président de notre association est allé à la rencontre des gérants du parc animalier du Faron (Toulon - 83). Un véritable échange concernant le bien-être animal, les difficultés pour les propriétaires d'aménager le parc selon leurs souhaits et l'avenir des animaux présents. Un échange de plus de deux heures et une visite guidée du parc, d'environ deux heures ont convaincu notre président que la fauverie souhaite réellement changer en bien.

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  La Fauverie du Faron, en évolution :  

 

En ce lundi 16 septembre 2019, le président de notre association est allé à la rencontre des gérants du parc animalier du Faron (Toulon - 83). Un véritable échange concernant le bien-être animal, les difficultés pour les propriétaires d'aménager le parc selon leurs souhaits et l'avenir des animaux présents. Un échange de plus de deux heures et une visite guidée du parc, d'environ deux heures ont convaincu notre président que la fauverie souhaite réellement changer en bien.

Ce fût une des rencontres les plus enrichissantes que nous avons pu avoir depuis le lancement de notre association. Les nouveaux propriétaires de la fauverie, Didier et Vanessa, ont repris le flambeau du père de Didier, qui lui-même l'avait repris de son propre père. Une histoire de famille sur trois générations, et plus encore. Une chose est sûre, ce couple aime les animaux et ne souhaite qu'une chose, leur bien.

Tout n'est pas rose, ils le reconnaissent. « Depuis 2 017, nous nous sommes engagés à changer tous les enclos des animaux. Certains d'entre eux vivaient dans des conditions inadmissibles. Cela était peut-être correct il y a 20 ou 30 ans, mais à nos yeux, cela ne pouvait pas aller. » reconnait Didier. « De nombreux enclos se sont agrandi et ils possèdent tous de quoi se stimuler. Il n'est pas question de prendre un animal, de l'enfermer dans une cage, de le nourrir et basta, on s'en occupe plus. On a fait le choix de prendre ses animaux, ils n'ont jamais demandé à naître ici, on doit s'en occuper jusqu'à leur mort. Quant à savoir si les vieux individus pourraient être déplacés dans d'autres établissements, la réponse est toute simple : non. Ce ne sont pas parce que les animaux sont vieux, qu'ils ne peuvent plus/pas se reproduire ou qu'ils sont malades qu'il faut les euthanasier. Un de nos jaguars, Alien, a fait un AVC il y a quelques années et souffre de cataracte, ce n'est pas pour autant qu'on l'aime moins que les autres et qu'on va chercher à s'en débarrasser. » rajoute sa femme. 

« Nous avons en projet d'agrandir encore certains enclos ». Celui des hamadryas, par exemple, est resté inchangé depuis les ours. Certes, il a était aménagé pour stimuler les babouins, mais la taille reste la même. « Il y a du terrain derrière, de la verdure, que nous n'avons jamais utilisée, nous voudrions l'agrandir et leur en faire profiter ». L'enclos doublerait presque de taille. Il en va de même avec la volière des perruches, que devraient doubler de volume ou encore avec l'enclos de Max, le serval, déposé par un Russe qui ne pouvait pas le garder et qui était dans un bien triste état de santé à ces débuts.

« Nous aimerions réaliser de nombreuses choses, nous avons de nombreux projets. Des animations pour sensibiliser les enfants au braconnage, pour sensibiliser les enfants au sort des abeilles... Mais tout cela demande du temps et de l'argent, que nous n'avons pas. Nous avons quand même créé une mini-ferme pédagogique où les enfants peuvent y rencontre une ânesse naine, des chèvres et des poules. De plus, la fauverie étant située sur le mont Faron, se trouvant être une zone protégée, obtenir les accords pour s'agrandir ou changer quoi que ce soit s'avère être un vrai parcours du combattant. Mais nous recherchons quand même un maçon pour nous aider dans nos avancées et nos futurs enclos. Nous aimerions aussi pouvoir obtenir des subventions, afin de nous aider à réaliser ces projets. Sans argent, sans autorisation, sans main-d'œuvre, rien n'est réalisable. » explique Vanessa. 

Quant à la question de la captivité, le couple est d'accord : « ce sont des animaux qui sont nés en captivité, on ne peut pas les remettre à l'état sauvage comme si de rien était. De plus, réintroduire des tigres, des lions ou des panthères qui sont nés de plusieurs générations en captivité est difficile. Bien-sûr que si demain on nous disait que les animaux peuvent vivre à l'état sauvage sans danger, nous serions les premiers à essayer de les y remettre, mais ce n'est pas le cas. La captivité, ce n'est pas l'idéal pour eux, mais c'est une solution parmi d'autres qui leur permet de vivre. Leur milieu naturel ne cesse d'être détruit par l'homme, les animaux sont abattus ou chassés. L'exemple le plus flagrant est celui de Radja, notre léopard de l'amour. Sauvage, il reste moins de 50 individus, ici, il est âgé de 25 ans. Ce serait notre rêve de pouvoir participer au repeuplement de cette espèce. » D'ailleurs, ils en profitent pour expliquer qu'ils aimeraient, dans chaque enclos, reproduire le milieu naturel de l'animal. Non plus avec des peintures au mur, mais réellement avec de la végétation et compagnie. Ils aimeraient mettre une cascade pour certains les panthères, par exemple, des arbres pour d'autres espèces...

En ce qui concerne le dressage, ils sont contre. À l'époque, la fauverie était un lieu où des dresseurs pouvaient venir dresser les animaux. Cela avait lieu à la place de la boutique, mais ce n'est plus le cas désormais. « Nous ne sommes pas opposés comme tel au dressage des animaux, mais cela doit se faire en harmonie avec l'animal, que ce soit un jeu pour lui et non une obligation. Si l'animal n'a pas envie, il ne le fait pas, s'il n'a pas envie de faire un spectacle, il ne doit pas le faire. Le contraindre n'est pas normal. Mais la fauverie ne fait ni spectacle ni dressage, c'est une chose que nous ne désirons plus. »

Vient le sujet délicat des autres associations. AVES France est la plus connue pour avoir attaqué la fauverie, il y a quelques années. Ils auraient souhaité pouvoir échanger avec. « D'abord, parce que certains visuels utilisés pour dénigrer l'établissement ne venaient pas de chez nous, et ensuite pour comprendre cette histoire d'ours que nous aurions confié aux Poliakov. C'est faux ! Nous avons entendu parler de l'affaire Mischa, et ne voulons pas être relié à cela de près ou de loin ! Nous avons demandé à l'ancien directeur (le père du directeur actuel), aucun ours n'a jamais était cédé à un dresseur mais à un zoo allemand. C'était une mère et son fils. Mais si ces derniers ont des preuves, alors nous sommes preneurs. [...] Beaucoup s'imaginent que nos animaux sont stéréotypés, parce qu'ils vont tourner dans leur enclos. C'est faux ! Ils vont tourner à l'heure de la nourriture ou quand ils vont voir/sentir un des soigneurs arriver. Nous avons beaucoup de contact avec, nous les caressons - à travers les enclos - nous jouons avec... Quand ils tournent, soyez assurés que c'est parce que nous ne sommes pas loin ou qu'ils ont pu apercevoir quelque chose. »

Et pour les futurs animaux ? La fauverie compte sur ces 10 dernières années 81 naissances. Les carnivores sont ensuite confiés à des parcs zoologiques étrangers ou français, comme les 3 Vallées. « Nous aimerions continuer sur cette lancée, notre dernière naissance étant un petit caracal, mais nous allons voir arriver sous peu une tigresse et un femelle lémurien. Nous espérons qu'elles pourront donner vie, elles aussi. Ils nous arrivent aussi de recevoir des animaux saisis des autorités. Il y a quelque temps, c'était un tigre blanc, mais nous avons dû le refuser parce que nous n'avons pas la place pour accueillir un autre mâle. Là, nous aimerions récupérer, une fois agrandi des petites espèces, comme récupérer des hyènes. Nous aimerions aussi venir en aide à des singes de laboratoire, par exemple, afin de leur offrir une vraie retraite au lieu de terminer euthanasiés. » 

Nous en avons profité pour leur parler de notre projet de sanctuaire, et ce que nous aimerions réaliser pour - principalement - les grands félins et les primates. « C'est un projet merveilleux ! Beaucoup veulent fermer les zoos, les cirques... Mais personne ne pense à l'avenir des animaux. Certains nous disent qu'ils ont qu'à retourner à l'état sauvage, mais ils ne comprennent pas qu'ils ne survivront pas. Un jour, une association végan est venue quand nous leur avons expliqué cela, leur réponse a été "Et alors ?". Avec un projet comme celui-là, de nombreux animaux pourront être sauvés, c'est dans la continuité du refuge de l'arche et de La tanière. Si jamais vous avez besoin, sachez que la fauverie soutient ce projet et que nous pourrions rester en contact pour voir l'évolution. »

Après avoir fait un tour des animaux, être allés à la rencontre du tigre Sirius, des lémuriens, de Jean-Paul le babouin accompagné de son harem, des jaguars Orlof et Alien, de la louve Geva, du puma Lady, du couple de lions Nora et Kid, des panthères Cla et Baguerra, de la panthère de l'amour Radja, du serval Max ainsi que des autres pensionnaires, et en avoir appris un peu plus sur leurs histoires réciproques, les gérants aimeraient que les gens retiennent une chose. Oui, il y encore 5 ans, la fauverie était un endroit avec des conditions de vie peu favorables pour les animaux, mais de nombreux travaux sont fait depuis. Ils ne renient pas le passé et savent très bien qu'ils possèdent une mauvaise image à cause des anciens enclos trop petits et des nombreux scandales, mais aujourd'hui ils possèdent une volonté de bien faire. « Au lieu de se fixer à des photos d'il y a 10 ans ou plus, rendez-vous sur les lieux, venez discuter, échanger, constater par vous-même. » De nombreux enclos sont en cours des travaux, certains animaux seront déplacés pour qu'ils puissent profiter d'encore plus de place, mais une chose est sûre, ils ne souhaitent plus conserver cette image d'usine à reproduction et souhaitent réellement que leurs animaux s'épanouissent.

 

 

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