Décès de la dauphine Lotty

  • Le 24/02/2020

Le 19 février dernier, Lotty, dauphin femmelle du Marineland d’Antibes est décédée. Lotty et ses camarades de toujours Sharky et Malou, représentent un véritable symbole pour Chapter Animal. Toutes trois sont nées en 1980, et ont été prélevées en 1983 dans les eaux de Floride. Cette année, les 3 femelles ont eu 40 ans dont 37 privées de leur liberté.

Bagheera

  LOTTY N'EST PLUS :  

 

Le 19 février dernier, Lotty, dauphin femelle du Marineland d’Antibes est décédée. Lotty laisse dernière elle sa camarade de toujours, Sharky, mais également Malou, toutes trois représentent un véritable symbole pour Chapter Animals. Toutes trois sont nées en 1980, et ont été prélevées en 1983 - dans les eaux de Floride pour Lotty et Sharky et à Cuba, concernant Malou. Cette année, les 3 femelles ont eu 40 ans dont 37 privées de leur liberté.

La société Marineland a communiqué cette triste nouvelle en insistant sur le fait qu’un dauphin en milieu naturel n’atteignait presque jamais cet âge-là. Ce qui est faux, puisque en Floride, d'où provenait Sharky, il n'est pas rare que les femelles dépassent les 50 ans.

« Nous avons l’immense tristesse de vous annoncer le décès de notre femelle grand dauphin de 40 ans, Lotty, considérée comme la doyenne des dauphins du parc. D’un âge avancé, elle souffrait d’une infection sévère diagnostiquée par notre vétérinaire. Les traitements prescrits n’ont malheureusement pas permis de la sauver (…). Selon les spécialistes, la moyenne de vie d’un grand dauphin en parc est aussi élevée, sinon plus, à celle du grand dauphin dans son milieu naturel. Son espérance de vie est d’environ 40 ans.»

Aujourd’hui donc, il ne reste plus que Sharky et Malou. Mais n’oublions pas que 5 autres dauphins « prélevés sauvages » continuent de résister dans leurs étroits delphinariums, situés dans d’autres parcs de divertissement : 3 au Parc Astérix et 1 en Polynésie française, sans oublier Honey, qui (sur)vit seule dans un bassin abandonné et crasseux au Japon. Notre combat n'est pas encore terminé.

La demande de Chapter Animals au travers de notre campagne « Laissez-moi retrouver l’océan », c’est de donner à ces individus « prélevés-sauvage » le droit à une retraite dans un sanctuaire marin. Cela a déjà pu être fait dans plusieurs pays dont la Corée du Sud, Chine et la Turquie, et soulignons d’une part, que ces animaux ont non-seulement survécu au retour à l’état sauvage, mais d’autre part, que les femelles ont pu donner naissance, signe de bien-être général. Et plus globalement, notre association se bat contre la capture de tous animaux marins, qui, derrière l’envers du décor, génère cruauté et moult décès chez les animaux prélevés. En effet, combien d’animaux morts pour combien ayant survécu une fois captifs ? Ces horreurs générées notamment par le Nausicaa ont heureusement pu être freinée par la lutte associative et les prises de décisions de la part des Etats-Unis et du Canada.

Pourtant, le discours de Marineland, c’est de remplir 4 grandes missions d’intérêt général : éducative & pédagogique, de recherche & de conservation, de soutien caritatif, et de sensibilisation relative à l’éco-responsabilité. En effet, la sensibilisation des publics s’avère bien plus efficiente lorsqu’il y a contact, expériences & émotions. Mais n’y a-t-il pas d’autres méthodes ? Pourquoi serait-ce à l’animal de se déraciner ? Pourquoi serait-ce à lui de payer le prix de sa propre cause ? Pourquoi en être « l’ambassadeur » dans un milieu de captivité qui reste, quoi qu’on en dise, source de stress ? Marineland, ne pourrait-il pas devenir un lieu de sauvetage, avant remise en liberté des animaux, plutôt qu'un delphinarium ?

Dans la nature, ces animaux peuvent parcourir jusqu’à 160 km par jour et plonger jusqu’à 60 mètres de profondeur. Un delphinarium représente donc moins de 1% de cet espace, sans compter qu’ils ne reproduisent pas la complexité de l’environnement marin naturel. La plupart des bassins ont des parois lisses, sont petits et dénués de stimulations. Privés d’un espace suffisant, les animaux développent des troubles du comportement, tels que la répétition anormale de mouvements (stéréotypie) et des rapports de dominance, à tel point qu’il n’est pas rare que les industries de la captivité utilisent des anxiolytiques pour les calmer. Alors, qu’ils soient nés en captivité ou non, le besoin instinctif d’un cétacé reste le même : vivre dans son milieu naturel. Le minimum serait donc de pouvoir relâcher tous les dauphins prélevés-sauvages, et dans un idéal, que plus aucun animal marin ne soit condamné à vivre dans un bocal insipide, pour un business déguisé en bonnes actions.